« octobre 2006 | Accueil | décembre 2006 »
Tout d'abord bienvenue et tous nos voeux à Christophe Barbier, Christian Makarian et Christine Kerdellant . Une équipe sympathique et compétente qui a la lourde tâche de trouver à l'Express les voies nouvelles de la réussite en conciliant les impératifs légitimes de rentabilité avec ceux non moins légitimes de porter un message et des valeurs voulus par les fondateurs et auxquels un lectorat de qualité veut encore s'identifier.
Pour Vous , tel est le titre de l'édito de Christophe Barbier; un "pour vous" qui ne serait pas seulement le résultat d'un sondage (nécessaire ),mais épisodique , mais qui serait le résultat d'une écoute constante ( à l'image de ce blog : ) . Et comme outil, Christophe Barbier nous propose,entre autres, la création du poste de "médiateur" qui orchestrera le dialogue entre vous et nous et fera vivre la "communauté Express"
De son côté, dans son premier mot , Vincent Olivier le nouveau médiateur désigné définit son rôle comme étant de "synthétiser les réactions sur un thème d'actualité traité par le journal; mettre en valeur vos idées , tenir compte de vos suggestions, éclairer les débats qui traversent la société toute entière; mais aussi expliquer comment travaille la rédaction,....., passeur et intermédiaire entre les journalistes et leurs lecteurs."
On notera avec plaisir l'évolution et l'ambition de la nouvelle mission; il s'agit de dépasser l'ancien et taditionnel "courrier des lecteurs" qui était une espèce de poumon imparfait dans lequel les lecteurs pouvaient exhaler leurs réactions positives ou négatives et certains d'entre eux choisis (par quels critères? ) avoir l'occasion de se voir publier en tout ou partie!
Le besoin d'échanger qui s'est emparé de plus d'un et les outils modernes de communication ont rendu cette approche insuffisante et dépassée. L'Express a-t-il décidé de relever ce défi?
S'agit-il seulement pour le médiateur d'analyser le courrier des lecteurs, de justifier telle ou telle position d'un journaliste, ce qui est sans doute utile mais ô combien insuffisant ou va-t-il analyser, refléter les réactions des lecteurs auprès de la rédaction pour la faire s'expliquer, se justifier, s'excuser, évoluer suivant le cas....En un mot comment va-t-il s'y prendre pour instaurer un véritable échange, voire un débat entre le lectorat et la rédaction et contribuer à l'évolution des deux?
On se rappellera nos commentaires sur le médiateur de France 2, sur celui du Monde, ou encore sur l'émission Arrêt sur Image. Dans chaque cas, nous avons eu un type de médiateur différent, différent par le rôle qui lui était attribué ou qu'il s'attribuait, différent par la personnalité du médiateur en question et de la façon dont il remplissait son rôle.
S'agissant de l'Express, le choix du nouveau médiateur, sa position hiérarchique, l'espace et la place mis à sa disposition pour son mot dans le magazine, la liberté dont il disposera, son poids moral seront les meilleurs gages de sa réussite future. Faisons lui confiance et crédit en espérant que "In medio stat virtus ! que je traduirai, un peu arbitrairement, par Courage au médiateur!
Rédigé à 16:28 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Le Figaro a publié ces jours -ci une chronique suivant laquelle la France se dirigeait vers une société à deux composantes, les smicards de plus en plus nombreux (en raison de l'augmentation du Smic qui piège nombre d'employés dans ce niveau de salaires) et les assujettis à l'ISF !(non pas qu'il y ait de plus en plus de riches, mais parce qu'en raison de la définition fiscale du riche de plus en plus de gens devraient y être assujettis).
Bien sûr que cette chronique peu conformiste avait pour but d'interpeller, de faire réfléchir.
De même, Le Monde quant à lui publiait hier une chronique intitulée, la mesure de la richesse française, "boîte noire" des inégalités françaises et le Monde de nous informer que le CNIS, l'instance nationale responsable de l'établissement des statistiques nationales, avait lancé un cri d'alarme: le CNIS ne pouvait mesurer les inégalités des revenus français que s'il créait de nouveaux indicateurs.
Aujourd'hui la Commission Nationale contre les Discriminations publiait ses statistiques sur les catégories de personnes, d'âge, d'origine, qui avaient le plus de "chances" d'être discriminées!
Bref, nous allons de plus en plus être envahis de chiffres, de statistiques qui vont nous être présentés comme des vérités et vont forger notre imaginaire collectif.
Or, rappelons nous ce que nous disions dans notre dernière chronique sur la mesure: on mesure ce qui a de l'importance pour "nous".
Si l'on mesure dans une entreprise l'absentéisme, c'est qu'il est probablement élevé et que l'on veut le réduire;
la démarche est complètement différente si on mesure le présentéisme et que l'on veut l'augmenter.
Deriière des chiffres apparemment proches, il y a des finalités différentes.
C'est le fameux débat entre les trains qui arrivent à l'heure et ceux qui arrivent en retard
car la mesure est un outil de communication à double tranchant, elle peut montrer le niveau d'échec ou l'écart par rapport à la réussite. Elle peut être la source de la révolte négative ou celle de l'engagement positif.
Cessons donc de mesurer et d'afficher les inégalités, non pas que je veuille les ignorer, nous en sommes tous conscients et nous voulons tous les réduire.
Mais au lieu d'afficher les indicateurs de la deséspérance, affichons des objectifs mobilisateurs de progrès, de réussite, d'accroissement du niveau de vie, de réussite dans les banlieues, d'intégration réussie et batissons les programmes pour les atteindre ...
C'est sans aucun doute l'approche adoptée par M. Yunus :elle lui a valu le récent Prix Nobel de la Paix .
Rédigé à 17:43 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Vous avez sans aucun doute entedu parler dans un passé récent des conflits récurrents au sein du Comité Directeur du RCF, si vous avez suivi l'actualité vous avez peut-être entendu parler de la compétition entre le Racing Club de France et le Groupe Lagardére autour de la concession de la Croix Catelan dévolue depuis le 1er Juillet de cette année à ce dernier. Vous avez sans aucun doute pensé que ces péripéties ne concernaient que quelques heureux nantis, ces happy few qui hantent les terrains de la Croix Catelan ou les greens de la Boulie, et que par conséquent n'appartenant pas à ce microcosme, toutes ces péripéties ne vous concernaient pas. Eh bien vous avez tort, ce dossier nous interesse tous à plus d'un titre.
De quoi s'agit-il ? L'association Racing Club de France a été créée, il y a plus de 100 ans. Elle a compté et compte encore parmi ses membres non seulement des personnalités du monde économique et politique mais aussi et surtout des sportifs de haut niveau qui ont porté très haut à travers le monde les couleurs du Racing et de la France dans presque tous les sports, le tennis, l'escrime, et d'autres.
L'adhèsion au RCF suppose parrainage, passage devant une Commission d'admission, et puis paiement d'un droit d'admission et une cotisation annuelle. Aujourd'hui le Racing compte 10000 membres actifs et 12 sections sportives comportant plus de 1000 membres. Par ailleurs les installations du racing sont ouvertes pendant la semaine aux élèves des écoles ; plus de 10000 profitent pendant l'année de ces installations.
Justement s'agissant des installations, le Racing possède Le Golf de la Boulie, le Batiment de la Rue Eblé et celui de la Rue Saussure et bénéficiait jusqu'au 30 Juin 2006 de l'exploitation du Parc de la Croix Catelan. Or c'est là que le bât blesse la Croix Catelan (auquel tout un chacun assimile à tort l'ensemble du RCF) était la seule activité rentable du Racing. Toutes les autres activités, peu ou prou, étaient financées par les résultats de la Croix Catelan!
Adhonc, en attribuant au groupe Lagardère la concession de la Croix Catelan, essentiellement sur la base de la redevance qu'elle allait recevoir , la Ville de Paris a compromis l'ensemble des activités sportives et sociales de l'Association du RCF!
Aujourd'hui la situation est totalement confuse;
les milliers de membres anciens du Racing , ayant payé droit d'admission et cotisation, ont été invités par le Groupe Lagardère à continuer à bénéficier des installations de la Croix Catelan jusqu'au 31/12/06, sachant que dans l'avenir ils pourront continuer à en bénéficier contre paiement d'une cotisation qui sera fixée en son temps par le nouveau concessionnaire.
Ces mêmes membres qui souhaitent légitimement rester membres de l'Association et bénéficier de ses installations résiduelles (Eblé, Saussure, La Boulie) ignorent quel est l'avenir de ces installations , quels seraient les services dont ils pourraient bénéficier et quel serait le montant de la cotisation correspondante.
C'est gênant, mais cela ne concernant que les "happy few" du 16 ème, on pourrait ne pas s'en soucier. Là où le problème devient plus sérieux, c'est que les sections n'ont plus de budget et que le travail bâti avec le temps risque d'être réduit à néant.
En panne de créativité,le Comité Directeur du Racing après avoir démis son Président qui n'avait pas réussi à convaincre la Ville de Paris, essaie laborieusement de négocier la reprise par le Groupe Lagardère des sections contre un bail sur la Rue Eblé ! Quant à la Boulie curieusement son devenir reste en dehors de l'arène publique!
Bref, voilà comment ont détruit une institution centenaire qui pendant des années a fait la fierté (et hélas aussi l'envie) des Français . L'apparente recherche de transparence d'un appel d'offres inadapté aura certes mis en évidence l'impréparation des responsables du Racing assis sur un fromage qu'ils n'avaient pas vu leur échapper, mais surtout elle aura créé un gâchis dont les victimes seront les milliers de jeunes et les sportifs au nom desquels tout le monde parte enfin aujourd'hui!
Rédigé à 22:15 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Lors d'un échange ce matin sur la qualité d'une revue que nous préparions, je me suis fait couper brutalement quand j'ai dit:"je parle au nom du lecteur de base" et mon interlocuteur d'ajouter "tu ne peux parler qu'en ton nom, pour parler au nom du lecteur de base, il te faut des chiffres, des résultats d'enquêtes d'opinions", que bien sûr, je n'avais pas!
Comme il avait raison de me rappeler l'importance de la mesure, des chiffres, des sondages! Parler en dehors d'eux, c'est parler dans le désert....
Il est vrai que j'ai été, et demeure, un partisan incontournable de la mesure. Même à l'époque des objectifs dits qualitatifs j'ai toujours pensé que ceux-ci pouvaient trouver une traduction chiffrée plus engageante que des objectifs flous. J'ai toujours cité Lord Kelvin quand il disait:"si vous ne pouvez le mesurer, c'est qu'il n'existe pas "ou encore ces propos du Ministre Sud Africain Trevor Manuel cité dans Le Monde du 16/11/06 ;"on ne peut gérer que ce qu'on peut mesurer" . En fait, c'est exact, on mesure ce à quoi on accorde de l'importance.
Ceci étant, avant de devenir esclave de la mesure et de transformer en une fin ce qui n'est qu'un moyen de savoir, posons nous quelques questions.
Passons sur la précision de la mesure toujours sujette à caution,(rappelons nous le combat entre les fourchettes des différents instituts de sondage),
arrêtons nous d'abord sur la fiabilité de la mesure , les erreurs grossières toujours possibles de calcul,la panne des machines de votes électroniques, l'étiquetage non minutieux des échantillons,
rappelons nous l'impact de la mesure sur le phénomène mesuré, son amplification dans un sens ou un autre, une distorsion fréquente dans les intentions de votes
évitons ce travers quasi impossible de donner un poids différent à la réalité des chiffres, de choisir entre des malheurs aussi déplorables les uns que les autres, les centaines de morts d'ici aux centaines de milliers de morts de là. Les chiffres ne font pas débat, leur traitement oui.
Vérifions la pertinence de l'outil de mesure par rapport au phénomène observé, le nombre de déclarations enregistrées est-il une bonne mesure de la violence?
Rappelons nous aussi que l'on peut comme Al Gore avoir plus d'électeurs individuels que Georges W. Bush et pourtant ne pas être élu , car Bush avait plus de "grands électeurs", un phénomène que nous avons connu d'une manière analogue en France.
Aussi, à la veille des différents scrutins que nous allons connaître, rendons hommage à la vertu démocratique incontournable de la mesure, du chiffre et du résultat. Et en même temps prenons nos distances par rapport à eux.
Rappelons nous que les cotes de popularité evoluent, les taux de croissance fluctuent, la mesure du réchauffement planétaire ne fait pas l'unanimité et que rares sont ceux en mesure d'anticiper les frémissements du CAC.
Remercions les statisticiens pour leurs prévisions, utilisons les et travaillons à les faire mentir, faisons preuve de prospective pour construire un avenir souhaitable!
Rédigé à 23:07 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
La démocratie représentative ayant montré ses limites, tout un chacun avance sa solution alternative : démocratie participative, contestations populaires, contre pouvoir des associations, des ONG, refonte du système de représentativité, non cumul des mandats. Les solutions sont multiples présentant chacune ses mérites et son caractère plus ou moins provocateur. Au nombre des dernières annonces spectaculaires les jurys populaires proposés par Ségolène Royal ou l’introduction surprenante des caméras de télévision en Conseil des Ministres proposée par Dominique de Villepin.
Si l’on veut évaluer les mérites de ces différentes propositions, voyons tout d’abord si nous partageons le même constat sur leur raison d'être.
De quoi s’agit-il ? La vie politique navigue entre le court terme et le long terme, certains problèmes tels que la dette sont structurels, d’autres tels que les émeutes des banlieues sont apparemment plus conjoncturels ; certaines périodes telles que les campagnes électorales sont propices aux promesses, les autres sont confrontées avec le respect des promesses et le difficile exercice du pouvoir. C’est dans cet environnement temporel que s’élaborent et se mettent en œuvre les politiques publiques.
Or que se passe-t-il ? Les promesses électorales des uns rivalisent avec celles des autres, souvent sans débat de fond, sans évaluation et les promesses des heureux élus sombrent, sitôt les élections passées, dans les oubliettes de la réalité d’où le divorce inéluctable entre la classe politique, son Administration et l’opinion publique.
Dès lors, les propositions qui ont récemment fait scandale apparaissent comme des réponses encourageantes à cette consternante légèreté des projets et des politiques : enfin, nos dirigeants de tout bord semblent s'apercevoir de l’inefficacité d’un mode de fonctionnement politique qui ne place pas l’évaluation au cœur de son fonctionnement !
L’évaluation (à la française) est un serpent de mer proposé dès 1990 par Michel Rocard. Cette démarche au travers d'institutions complexes a connu un début de réussite politique avant de quasiment sombrer dans les oubliettes. Convaincus de son utilité, nous en avons relancé le principe lors d’un Colloque organisé le 13 Juin au Sénat avec le parrainage de Michel Rocard et Raymond Barre.
Nos travaux ont montré que les difficultés pour l’évaluation de trouver sa place en France étaient de plusieurs ordres :
• La première et non des moindres est la réticence des hommes politiques à se faire élire sur un bilan ; présenter un projet est tellement plus porteur! Dès lors la tendance à faire des promesses non étayées par une réflexion approfondie et puis, une fois élu, à gouverner à vue, sans référence à un programme structuré.
• La seconde est l’appropriation par les technocrates de l’évaluation. Michel Rocard a nommé un Conseil Scientifique de l’Evaluation composé de personnalités éminentes, qui ont mis au point une méthodologie de premier ordre et qui en quelques années ont procédé à quelques évaluations de très haute qualité sur des sujets qui ne faisaient de peine à personne et dont les conclusions ne pouvaient changer la face du monde.
• La troisième a été la difficulté à faire admettre ce « corps étranger » dans notre environnement politico-administratif. La Cour des Comptes a estimé à juste titre par ses rapports spéciaux qu’elle faisait de l’évaluation, le ministère du budget par ses campagnes d’audit estime lui aussi qu’il fait de l’évaluation, itou pour les affaires sociales, etc. dés lors tout organisme d’évaluation supplémentaire ne pourrait être que superflu à leurs yeux !
Avant de faire quelques propositions opérationnelles, rappelons trois définitions utiles :
« L’évaluation ex ante » est celle qui est faite lors de l’élaboration des politiques publiques, c’est celle qui est d’une grande actualité en période de campagne électorale. Son but est de démontrer que les politiques publiques proposées (accroissement du pouvoir d’achat, intégration sociale,) ont été non seulement chiffrées quant à leurs effets mais aussi ont fait l’objet d’analyses complémentaires, telles que pertinence, cohérence et transparence.
Les évaluations « in itineris » sont celles qui sont faites pendant la mise en œuvre d’une politique dans le but de la poursuivre ou d’en changer la trajectoire.
Les évaluations « ex post » sont celles qui évaluent les effets d’une politique dans tous ses aspects, une fois qu’elle a été mise en œuvre. C’est ce type d’évaluation qui est abordé par la Cour des Comptes ou qui a été traité en son temps par le Conseil Scientifique de l’Evaluation.
Nous avons bien sûr besoin de ces trois types d’évaluation. Pour les deux derniers les exemples des pays anglo-saxons, GAO américain, NAO anglais, dans son Département Value for Money) pourront guider notre réflexion. Mais dans notre période électorale nous aimerions remettre l’évaluation ex ante des politiques publiques, au coeur du débat public. Et pour cela nous formulons quelques propositions concrètes :
Nous proposons de créer un Observatoire de l’évaluation des Politiques pour procéder à des évaluations légères et donner une « opinion éclairée » sur les politiques publiques proposées.Basé sur le sérieux de la méthodologie et des acteurs cet Observatoire ne revendiquera aucune exclusivité ni aucune autorité, autre que morale et celle que lui conférera la qualité de ses travaux.
Dans ce contexte saluons deux initiatives qui vont dans le même sens, celle de l’EDHEC qui a créé en son sein une Cellule d’Evaluation des Politiques Publiques et celle de l’Institut de l’Entreprise qui a créé une cellule de chiffrage des Politiques Publiques.
L'Observatoire publiera régulièrement un Baromètre de l’Evaluation des Politiques Publiques suivant les critères suivants :
• dans quelle mesure la politique proposée a-t-elle fait l’objet d’une consultation en amont des parties concernées ou est-elle « dévoilée » à l’opinion par un effet d’annonce dont nous avons le secret ?
• dans quelle mesure cette politique répond-elle à des besoins structurels ou n’est-elle qu’une réponse pressante à des besoins de court terme ?
• dans quelle mesure cette politique est-elle pertinente avec les objectifs recherchés ? et ceux-ci ont-ils été explicités ?
• dans quelle mesure les différentes actions proposées en déclinaison de cette politique sont-elles cohérentes entre elles ?
• quelle est l’efficacité prévue de la politique proposée ?
• quelle est son efficience ? en d’autres termes, différentes alternatives ont-elles envisagées, chiffrées et pourquoi celle-ci a été retenue ?
• autre point lié au précédent : quel est le financement envisagé, dépense additionnelle ou substitution et serons-nous en mesure de perpétuer le financement nécessaire?
• Enfin, dans quelle mesure les moyens proposes pour la politique considérée sont nouveaux ou existent-ils déjà dans la panoplie de nos outils ?
A la lumière des informations données par les candidats, nous essaierons de passer leurs propositions au crible de cette grille.
Notre mission sera pleinement atteinte, le jour où précédant notre analyse, tous les candidats procéderont d’eux-mêmes à cette autoévaluation.
Enfin, nous proposerons après les élections la création d’un Institut Indépendant de l’Evaluation des Politiques (ex post). Mais ceci est un autre sujet sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.
Commission Reforme de l’Etat. Fondation Concorde
Rédigé à 15:46 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Rendez-vous tous ce vendredi matin de 10.30 à 11.00 à l'émission de Colombe Schneck
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/jaimessources/
J'aurai l'occasion d'échanger avec un panel d'invités sur la vision d'un manager sur la vie politique.
Rédigé à 22:26 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Il est dommage que les jeunes générations, les quelques quadras impétueux qui nous dirigent, les jeunes sur les bancs des universités, sans parler bien sûr des jeunes des banlieues , n'aient pas connu JJSS et n'en entendent parler qu'aujourd'hui pour un ultime hommage !
JJSS n'était pas de son temps, c'était un visionnaire volontariste à la fois futurologue en mesure de comprendre les changements environnants et homme de prospective en mesure de construire un avenir souhaitable.
Si l'on ajoute à cela que c'était un homme de convictions, on comprendra pourquoi son impact aura été plus fort dans la Société Civile ouverte à l'époque au changement que dans le monde politique plus enclin à composer qu'à transformer!
Le Défi Américain, son ouvrage majeur, tiré à l'époque en français à 600.000 exemplaires et vendu dans le monde à 2.000. 000 d'exemplaires avait eu le grand mérite de rapprocher l'opinion publique française du modèle américain.
Le défi en question n'était pas un défi lancé au reste du monde, c'était la définition même de l'Amérique de l'époque, être américain c'était croire que la vie, la santé, l'espace, la paix étaient des défis que les américains étaient en mesure de relever ; et ils s'y sont employés. D'où la tentation de faire du "défi américain" un "modèle américain".
Qui oserait aujourd'hui reprendre pareil plaidoyer?
Certes, les défis actuels ne sont plus les mêmes, aujourd'hui ils s'appellent insécurité, protection de l'environnement, lutte contre la pauvreté, lutte contre l'exclusion et l'intolérance. Ce sont les mêmes défis que nous avons à aborder chacun dans son pays et surtout tous ensemble, car ces problèmes , à l'image du nuage de Tchernobyl, ne s'arrêtent pas à nos frontières et réclament de nous des solutions mondiales.
C'est pourquoi il est dommage que nous français, porteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, soyons plus perçus comme les spécialistes des exceptions, culuturelle, agicole et autre que comme les défenseurs des grandes valeurs humanistes fondamentales.
C'est dans ces moments que l'on ressent l'absence de JJSS.
Rédigé à 21:53 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Après 8 ans de bons et loyaux services Robert Solé Médiateur au Monde a tiré sa révérence et nous a livré sa dernère chronique de médiateur.
Il nous a fort opportunément rappelé l'ambivalence de sa fonction: au Monde, écrit-il, le médiateur est chargé de favoriser le dialogue entre les lecteurs et la rédaction, tout en s'assurant que le journal est fidèle à ses règles. Et sa chronique hebdomadaire qui n'engage que lui , suppose toutefois un minimum d'assentiment et de confiance de la part des lecteurs comme de la rédaction.
Représentant des lecteurs aux yeux du journal et de la rédaction aux yeux des lecteurs, il est naturellement pris entre deux feux ... Il y a là une difficulté, selon le jargon d'aujourd'hui, consusbtantielle à l'exercice de sa fonction.
Mais selon nous, le vrai problème est ailleurs: l'outil dont dispose le médiateur c'est sa chronique . C'est ce dont il dispose pour traduire l'opinion des lecteurs qui se manifestent et pour faire passer leurs messages à la Rédaction. C'est beaucoup et c'est très peu . En effet nous pensons comme Robert Solé que " les journaux qui se considèrent comme un contre-pouvoir, ont eux aussi à rendre des comptes à ceux qui les lisent."
Alors, bien sûr qu'il faut maintenir la fonction du médiateur, lui maintenir sa chronique , comme l'émission du Médiateur de France 2. Mail faut aller plus loin il faut que le médiateur soit vraiment indépendant du journal, qu'il ne soit pas une simple courroie de transmission, qu'il puisse se faire entendre, faire passer son point de vue, participer aux Comités de Rédaction ou présider le Comité d'éthique, quand il y en a ...
Voilà quelques pistes de réflexion qui, mises en application, nous rapprocheraient de ce contre-pouvoir mal aimé que sont les medias.
Le(s) médiateur(s): un sujet que j'ai déjà abordé et que je compte suivre avec vous!
Rédigé à 19:03 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
J'ai bien apprécié la récente émission de Christian-Marie Monnot sur la violence et la façon dont elle avait été traitée sur France 2 .
L'émission était bien préparée et bien conduite, deux intervenants contre la projection des images en cause, un autre contre la violence bien sûr mais soulignant la valeur pédagogique des images, un journaliste ferme sur ses principes et enfin un psychanalyste renvoyant fort à propos les journalistes et les responsables des programmes à leur responsabilité, à savoir le commentaire.
C'est le commentaire du journaliste, nous a-t-il dit, qui éclaire, souligne ou relativise la portée de l'image.
C'est le commentaire qui va souligner ou pas le caractère odieux de l'image, dans ce cas la violence, et contribuer à former notre opinion.Nous sommes ici au coeur de la responsabilité du journaliste.
Ce qui m'a gêné par contre , c'est l'impression que cet échange civilisé n'aurait pas de suite concrète. Le médiateur a souligné qu'il ferait remonter la portée des échanges à la Direction de France 2......D'où cette question à quoi sert le médiateur?
En allant sur le site de France 2 http://relations.france2.fr/mediateur_quoi.php# on lit que: "le médiateur de l’information assure une relation privilégiée entre les téléspectateurs attentifs et les journalistes réceptifs. Il recueille quotidiennement vos observations, critiques et analyses qui nous permettent de mieux se connaître et de répondre à vos attentes. Elles sont transmises à la rédaction et à la direction de l’information et des magazines."
Si sa mission s'arrête là, elle est parfaitement remplie.
Par contre à un moment où nous vivons différentes crises et où on s'interroge sur la responsabilité des medias , on ne peut que regretter que le rôle du médiateur soit simplement celui d'une courroie de transmission.
"A l'écoute" des téléspectateurs , il est le plus à même d'intervenir "intelligemment"dans un comité de rédaction pour prévenir toute dérive.
Or cette possibilité d'intervention a priori lui est déniée pour l'instant. Dommage....
Je vous renvoie à mes notes sur ce thème:
Rédigé à 10:28 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
J'ai eu l'occasion dans mon activité de conseil de faire remplir à de nombreux cadres des relevés de temps où ils notaient systématiquement ce qu'ils faisaient, en général, pendant une semaine "caractéristique".
Les lois que j'ai tirées de cette expérience très riche ( et qui pratiquement ne souffrent aucune exception) sont les suivantes:
1.on n'a jamais une idée exacte de là où passe son temps
2.quand on prend conscience de là où il passe, c'est toujours pour dire que "le temps passé ne s'est pas passé là où l'on l'aurait souhaité".
D'où mes questions:
1. cette loi s'applique-t-elle aux bloggueurs occasionnel?
2. s'applique-t-elle aux bloggueurs hors normes et aux quelques blogueurs "full time"?
3. avez-vous détecté d'autres lois propres aux blogueurs?
4. Quelles recommandations peut-on donner aux blogueurs pour maîtriser leur temps?
Je dois vous avouer que ce thème m'interesse particulièrement. Je prépare en effet une actualisation de mon livre "vous, votre temps de travail et internet" redigé alors que le blog était inexistant.
Or, les technologies modernes de communication ont rendu les notions traditionnelles de temps de travail et de lieu de travail complètement obsolètes.
Merci de vos commentaires
Paul Ohana
http://paulohana.typepad.com