Je viens d'achever la première lecture de ce merveilleux opuscule de François Cheng "cinq méditations sur la beauté".
Première lecture parce que ce n'est pas un livre qu'on lit en une fois ou qu'on ne lit qu'une fois. C'est à la fois un bain de fraîcheur et une immersion dans un univers de pensée dense et qui nous interpelle.
La double référence permanente à la culture chinoise et à la culture occidentale nous apporte un éclairage inhabituel sur un sujet qui est généralement traité au travers du prisme d'une seule de ces cultures.
Mais par dessus tout, il est réconfortant, je dirais même salutaire , de sortir pour un instant du quotiden des affrontements sordides que nous proposent les négationnistes de tous bords, pour rechercher une lueur d'espérance dans un monde qui en offre de moins en moins.
En nous proposant de faire de la beauté une valeur universelle, non pas une valeur élitiste, mais une valeur englobant toutes celles qui nous sont chères, la bonté, la vérité , François Cheng nous aide à nous réconcilier avec l'humanité et par conséquent , un peu avec nous-mêmes.
J'ai lu aussi avec un grand intérêt cet ouvrage sur un thème bien peu abordé. Il mérite effectivement des relectures pour une "imprégnation" progressive.
En évoquant cette double culture, chinoise et occidentale, je vous recommande un auteur que j'apprécie beaucoup et que j'ai eu la chance de rencontrer plusieurs fois : François Jullien. Son dernier essai "Nourrir sa vie" (Seuil) est passionnant.
Rédigé par : soeure | 04 janvier 2007 à 11:19
Votre commentaire sur la double culture m'a interpellé à différents titres.
Tout d'abord à l'intention des tenants passéistes d'une culture unique ou de valeurs figées, l'apport que nous font des hommes baignés de cultures différentes est inestimable.
Cheng et Jullien en sont avec d'autres de merveilleux exemples.
Ceci étant, tout un chacun exposé à des cultures, des univers différents, fait sa "synthèse" à sa façon.
J'ai lu avec beaucoup d'interêt une interview de François Jullien et ai constaté l'originalité de son approche:il a voulu connaître la langue et la philosophie chinoises pour mieux redécouvrir et se replonger dans notre univers judéo-chrétien : Moîse ou la Chine!
Il a voulu redécouvrir Moîse, la Grèce après avoir cotoyé la Chine.
Cheng a fait peut-être un parcours inverse, pétri de culture chinoise, il est venu ensuite au monde occidental.
Il serait intéressant de comparer à quoi ils ont abouti.
Nos pourrions y travailler.
Rédigé par : ohana paul | 05 janvier 2007 à 15:19