J'ai lu avec intérêt dans Le Monde daté des 31 Décembre 2006 et 1er Janvier 2007 une chronique de Jean-Michel Dumay intitulée;"2007 année du changement". Dans sa chronique, Jean-Michel Dumay attire notre attention sur la place du changement dans le vocabulaire politique français, de gauche comme de droite, sur l'article de Jean Fély dans la Revue Projet ou encore sur l'appel lancé par Gérard Aïache, Directeur de l'Institut Infométrie dans son ouvrage "La Grande Confusion" (France Europe Editions, 464 pages, 24€).
En effet, le sujet est plus qu'actuel. En cette année électorale, il ne s'agit plus comme disait François 1er de "Maintenir" ou encore de faire appel à cette "force tranquille" qui nous a gouvernés pendant 14 ans ou de combler cette "fracture sociale" qui n'a fait que s'élargir. Non, aujourd'hui l'heure est au changement.
D'accord mais de quel changement s'agit-il?
S'agit-il de s'adapter au changement de l'environnement dans lequel nous vivons?
non seulement celui qui fait l'objet de la charte de Nicolas Hulot
mais aussi l'environnement dans ses différentes composantes, scientifiques, technologiques, sociales, humaines, managériales, financières, réglementaires, internationales,...
Cet environnement s'impose généralement à nous, avec ses aspects positifs et négatifs,et promouvoir le changement c'est d'abord être conscient de ce qui évolue autour de nous et en tirer les conséquences pour s'y adapter ou mieux encore en faire une opportunité de progrès.
Dans ce cadre, s'agit-il de changements structurels, lents et prévisibles, à l'image par exemple des tendances démographiques? ou s'agit-il de changements conjoncturels, de crises imprévisibles et donc non prévues comme les chocs pétroliers ou les grandes tempêtes d'hiver? Chacun de ces changements est justiciable d'une approche spécifique qui passe par la crédibilité de nos gouvernants et leur capacité à nous faire partager les enjeux.
A moins qu'il ne s'agisse plus prosaïquement de se payer de mots, de changer les attributions de quelques têtes bien connues, suivant le jeu des chaises musicales dont nous aons le secret, garder en l'état, notre irremplaçable administration, garante d'une tranquilité sécurisante et réaliser que la France n'est pas mûre pour le changement!
Et nous voilà repartis pour un tour ... Un second tour bien sûr , avec ses surprises!!!
Et pour conclure, ces quelques idées pour "réussir un changement":
1. Le changement est une constante de notre environnement, vouloir l'ignorer c'est comme l'autruche vouloir ignorer le danger
2. pour réussir le changement, il faut changer d'acteurs ou (mission impossible) faire évoluer les acteurs
3. Tout changement a un coût, il faut que sa répartition entre les différents acteurs soit acceptable socialement.
4. Pour qu'un changement réussisse, il faut que les "termes de l'échange" soient globalement équilibrés sans quoi la volonté de maintenir les "avantages acquis" dont nous parlons par ailleurs l'emporte. Sauf à avoir le courage politique de prendre les décisions qui s'imposent en faisant partager au plus grand nombre l'un ou les deux facteurs majeurs de changement:
le maintien de la situation actuelle est impossible ou intolérable
et/ou demain sera meilleur qu'aujourd'hui.