Je n'ai jamais été un fervent partisan du bâton lui préférant l'approche beaucoup plus motivante et efficace de la carotte.
A l'appui de ma préférence, la réaction de nombre de parlementaires devant la proposition de M. Carcassonne de "sanctionnner financièrement " les parlementaires qui ne feraient pas preuve d'assiduité.
Non ce n'est pas ainsi que l'on obtiendra une présence plus conséquente de ceux-ci sur les bancs de l'Assemblée .Le règlement intérieur de l'Assemblée a prévu depuis longtemps de telles sanctions. Mais d'accord parti(e)s, comme disent les juristes ces dispositions n'ont jamais été appliquées.
Alors que faire?
il ne faut pas sanctionner l'absentéisme, il faut encourager le présentèisme.
Et ce n'est pas une simple figure de style: l'absentéisme au Parlement comme en entreprise a une connotation négative. On essaie de le réduire mais c'est un combat permanent, il y a toujours toutes sortes de justifications , de bonnes raisons pour être absent, malgré l'arsenal de mesures coerctives mises en oeuvre. D'où cette approche originale , innovante: changement de paradigme : c'est votre présence qui nous intéresse. Et à partir de là une réflexion de nature différente: comment accroître le présentéisme, c'est à dire agir sur tous les facteurs objectifs et subjectifs qui vont vous faire préférer d'être présents plutôt qu'absents.
Et s'agissant du cas de nos parlementaires tiraillés entre leurs mandats, leurs obligations professionnelles et familiales, comment faire pour qu'ils puissent consacrer plus de temps au Parlement et surtout optimiser ce temps ?
Il y a là un champ très vaste de recherche que parlementaires de tous bords pourraient explorer ensemble pour donner de nos Institutions l'image que nous en attendons.
Espérons que la participation "accrue" de femmes et l'arrivée de quelques jeunes contribueront à bousculer les habitudes acquises et feront du temps parlementaire un temps choisi entre tous dont la rémunération sera alors pleinement justifiée.
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l'Etat
Fondation Concorde