A la question "peut-on croire encore au progrès"? Claude Allegre répond dans son livre "Ma vérité sur la planète" et dans ses interventions: Oui sans aucun état d'âme.
Sachant la dimension du personnage, sa réponse mérite d'être écoutée même et surtout si elle bouscule certaines vérités écologiques qui semblent s'imposer désormais comme des vérités acquises, partagées et donc incontournables.
Claude Allegre, continue tout d'abord à se définir encore comme un homme de gauche, non pas un homme de la gauche socialiste actuelle à la recherche de ses repères, mais d'une gauche qui se revendique de Zola, Jaures et de ces hommes dont nous partageons tous, de gauche comme de droite, je l'espère les convictions.
Et au nombre de celles-ci ,la croyance en le progrès est un de ses credos majeurs.
Et ce credo bien sûr, est comme dans toute démarche scientifique, assis sur des observations, des faits,des hypothèses et des expérimentations.
Or, que dit Claude Allegre? Sur tous les grands sujets scientifiques de l'heure, OGM, nanotechnologies, bio technologies, cellules souches, la France s'interroge, la France hésite alors que les Etats Unis, la Chine, l'Inde vont de l'avant...
Sous couvert d'un principe de précaution mal compris ou mal appliqué, nous bridons le principe du droit à l'innovation, au progrès et nous aboutissons parfois à des résultats aberrants. Ainsi, alors que les enfants américains sont nourris aux OGM et s'en portent bien, semble-t-il, les enfants du Kenya meurent de faim pour ne pas en prendre. Alors que des OGM consomment parfois 30% de moins d'eau, on continue en France à cultiver des maîs classiques qui en consomment 30 % de plus.Sur les cellules souches, nos savants et chercheurs qui maîtrisent le sujet sont appelés à faire des acrobaties géographiques invraisemblables pour pouvoir poursuivre leurs travaux là où cela leur est possible et permis.
Aurions-nous raison contre le reste du monde?
Et pour conclure, Claude Allegre exprime sa perplexité devant les futures conclusions du grenelle de l'environnement. Si celles-ci pour résoudre les problèmes de notre planète aboutissent à des décisions faisant confiance aux hommes, au progrès , au développement , alors oui, il les soutiendra; si par contre elles aboutissent à des arbitrages malthusiens dictés par des manifestations, alors il faudra être vigilant, très vigilant.
Avec quand même, cette interrogation: pourquoi y-a-t-il une seule voix qui clame dans le désert?
Paul Ohana
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