Ici et là, les campagnes électorales se succèdent ; en France après les présidentielles et les législatives, nous voici au seuil des municipales. Aux Etats Unis nous voici en pleine campagne pour l'investiture. A chaque pays démocratique son folklore, ses débats, ses procédures et toujours cette aspiration au changement.
En effet, en dehors de l'historique "Maintenir" de François 1er qui a fait long feu, il est peu de cndidats qui ne se fassent les porteurs d'un projet et les avocats de l'impérieuse nécessité du changement. On peut l'appeler rupture, évolution , ou toute autre appellation dont nous avons le secret, dans tous les cas il s'agit de se démarquer du prédecesseur en introduisant ce sésame miraculeux : le changement.
Changer, on le sait c'est constater d'abord que la situation actuelle est intolérable, c'est avoir une vision claire de la situation nouvelle que l'on souhaite et faire la démonstration que l'on est en mesure de conduire ses troupes de cette situation actuelle à cette situation nouvelle. C'est sur ce point que je voudrais m'arrêter. On peut difficilement parler de projet sans faire de bilan, sans faire une bonne et saine évaluation des politiques publiques que l'on a mises en oeuvre. Evaluer ne veut pas dire juger, ni même forcément réussir, évaluer c'est s'obliger à faire un point sur ce qui a été annoncé, comment cela a été mis en oeuvre, quels résultats ont été atteints, quels impacts obtenus.L'évaluation est ce plus, combien important, qui va asseoir la crédibilité du candidat et faire pencher la balance en sa faveur.
Le dernier débat entre Hilary Clinton et Barak Obama à la veille du caucus de l'IOWA, a été instructif à cet effet: les deux candidats bien sûr se sont faits les avocats du changement par rapport à la politique républicaine et cela se comprend venant de deux candidats démocrates; tous les deux avaient dans une certaine mesure la même vision du changement souhaité; mais de l'avis de tous les politologues le débat n'a pas porté sur le constat ni sur le devenir. Il a porté sur le point de savoir qui était en mesure de réussir le changement: est-ce l'homme nouveau parce que justement il est nouveau ou la femme d'expérience parce que justement elle a acquis une expérience sécurisante?
Que dire de ces débats d'outre atlantique si ce n'est qu'ils sont de qualité et réconfortants, que les protagonistes n'en sortent pas diminués aux yeux de leur 'opinion, ces joutes avec les challengers de l'intérieur les préparant au duel avec le véritable opposant de l'extérieur.
Et pour conclure, rappelons nous que changer c'est rompre un équilibre, toucher à un statu quo devenu inacceptable, remettre en cause ces avantages acquis par d'aucuns pour une nouvelle répartition d'autres avantages au profit de tous...
Bonne nuit.
Paul Ohana
Président de la Commission réforme de l'Etat
Fondation Concorde