J'ai reçu avec grand plaisir mon invitation à participer à la prochaine Université d'été du MEDEF qui se tiendra à l'X les 27 , 28 et 29 août. J'ai participé à nombre de ces Universités et en ai toujours apprécié les débats libres et de qualité entre des intervenants de haut niveau, l'organisation tout à la fois huilée et décontractée , bref un grand moment de remise en jambe avant la traditionnelle rentrée de septembre et de ses soucis annoncés.
Si je parle de grand moment, c'est bien de cela qu'il s'agit puisque le thème choisi pour l'Université est "think big" "voir en grand" .
Ayant trané mes guêtres dans quelques universités de la Ivy League, j'ai été surpris du rapprochement (ou est-ce une traduction? ) des deux expressions,Think big et Voir en grand.
« Think Big », fait penser à des thématiques sur l’ambition, la croissance et le développement des entreprises.
"Voir en grand" par contre m'a fait penser à une publicité subliminale de nos grands lunetiers (une des niches dans lesquelles la France excelle), j'y ai vu une vision plus lunetière qu'entrepreunariale
Quant au Larousse que j'ai immédiatement consulté, il ignore voir en grand et définit par contre "voir grand" par: prévoir quelque chose de plus grand que ce qui est nécessaire; faire des projets ambitieux; une définition toute malthusienne dans son premier volet et à laquelle je ne me suis pas identifié.
Venons en maintenant au coeur du débat ; il n'y a pas si longtemps , nous étions tous les apôtres du "small is beautiful", les niches étaient le refuge , que dis-je le refuge? le tremplin idéal pour la réussite!
Et, dans sa grande sagesse, le jury du Prix Nobel de la Paix n'a pas élu le Président de ces organismes bancaires qui prêtent (et perdent) des sommes par milliards de dollars, non,il a préféré élire l'inventeur du micro crédit persuadé que son action était plus utile à la paix dans le monde que celle de tous les prêteurs immobiliers!
Alors , Madame la Présidente et Messieurs les Administrateurs du MEDEF , faut-il vraiment voir grand?
Ceci étant, me direz-vous, voir grand ce n'est pas forcément aller à la conquête du Far West à l'image des cow-boys de notre enfance, ce n'est pas non plus jouer les Marco Polo ou les Christophe Colomb, voir grand c'est peut être tout simplement accepter de sortir des limites de l'épure du campus de l'X ou de celui de HEC pour créer sur le Plateau de Saclay un vrai Grand Campus à l'envergure internationale, ce campus que tout le monde attend à l'exception des acteurs principaux qui ne semblent pas vouloir jouer le grand rôle auquel on voudrait les destiner. Apparemment c'est plus difficile que de construire un Campus dans les Emirats!
Alors ? rendez-vous sur le campus de l'X fin août et qui sait? peut-être que, d'ici là, petit campus sera devenu grand...
Bien à vous
Paul Ohana
Je crois que vos propositions vont bien dans le sens de ce que propose Philippe Lagayette et ...aussi de ce que souhaite le gouvernement (qui en s'engageant pour le plateau de Saclay , montre une réelle volonté d'aboutir).
Gabriel de Nomazy
Rédigé par: Gabriel de Nomazy | 29 juin 2008 à 21:48
Cher ami,
J'ai lu votre note avec beaucoup d'intérêt. J'ai longtemps fait partie quand j'étais maître de Conférences à Nanterre de la Commission chargée de proposer de nouveaux projets pédagogiques.
Puis j'ai participé à la création du Magistère de Relations internationales ,puis au DESS de CXommerce international. pour essayer de créer des ponts vers l'activité professionnelle.Voir en grand me paraît une excellente formule qui met en question cette multiplication de "petits" débouchés professionnels aux intitulés prometteurs, et à 'l'avenir incertain. Voir grand, certes, mais d'abord voir juste et ne pas confier la formation à de pseudo-spécialistes qui s'improvisent en économie, en psychologie alors même qu'ils ne dominent pas la matière qui fait en théorie leur spécialité...
Dans la situation actuelle, l'Université française est seulement en mesure de reproduire des schémas anciens, excellents à l'origine...
trop souvent, elle abandonne les formations dites professionnalisées à des ratés de l'enseignement supérieur qui se crée ainsi des niches que personne ne songe, ni n'est en mesure de leur disputer. et il faut parfois reconnaître que certains BTS sont plus productifs qyue les formations "nobles", de même que certaines écoels de formation spécialisée. Le gâchis économique et humain est considérable.
POur répondre à vos remarques, il faut voir grand, mais avec modestie, et surtout courage. Pour l'heure, tous nos ministres de l'Education ont échoué. Je vous souhaite bonne chance dans vos tentatives
Très cordialement
Andrée Bachoud
Rédigé par: andrée bachoud | 07 juillet 2008 à 19:25