Au milieu des vicissitudes et des inquiétudes de la crise financière , j'ai été interpellé cette semaine par deux observations relatives à des questions de vocabulaire qui à l'examen recelaient des sujets légitimes d'interrogation
La première venait d'un ami lecteur de mon blog , laîc convaincu, qui me disait être géné par l'adjectif "positive" accolé à la laîcité. Il trouvait que cet ajout ne renforçait pas la laîcité et au contraire l'affaiblissait. En effet cette laîcité ferait pièce à une laîcité qui elle serait négative voire neutre. Et il ajoutait chaque fois qu' on ajoute un adjectif à un concept on en réduit la portée. Parle-t-on de liberté totale, d'égalité intégrale ou de fraternité chaleureuse? Ce serait faire injure aux trois fondements de notre République que de les affubler de tels attributs.
J'ai vécu une impression analogue à propos de l'évaluation des politiques publiques dont on commence à parler sérieusement depuis peu. Je me rappelle que l'une des premières tentatives a été celle de Michel Rocard en 1980 qui avait créé un Conseil Scientifique de l'Evaluation, et puis le mot Scientifique n'ayant convaincu personne, le Conseil Scientifique est devenu le Conseil National de l'Evaluation qui lui aussi a fait long feu. Alors on a créé au sein du Parlement une Mission de Contrôle et d'Evaluation (suivez mon regard), puis un Secrétariat d'Etat à l'Evaluation et à la Prospective (suivez toujours mon regard), jusqu'à ce que la Constitution ait introduit l'évaluation (tout court) comme l'une des attributions du Parlement.
Me voilà enfin rassuré, le Parlement va enfin faire de l'évaluation des politiques publiques, une évaluation sans commentaires autres que ceux qu'il produira lui-même lors de ses futurs travaux.
La seconde observation me vient de l'annulation in extremis d'un "chat " organisé sur le net par le Secrétaire d'Etat à l'Emploi , Laurent Vauquiez sur la fusion ANPE UNEDIC. Pas de raison officielle annoncée, mais de source autorisée, il semblerait que l'une des causes soit la difficulté à donner un nom à cet organisme (un nom libre juridiquement et qui serait porteur de toutes les ambitions que l'on a mises dans et organisme)!Constatation surprenante et inquiétante, ce retard à donner un nom à cet organisme ne traduit-il pas aussi ses difficultés de gestation et l'angoisse qui précède sa mise à l'eau?
Mais revenons sur l'importance du nom,
La Bible, dont le pape Benoit xvi a ordonné une relecture complète, nous rappelle fort à propos que lors de la Genèse, Dieu a donné un nom à ce qu'il créait, le jour, la nuit, le ciel....et les exégètes de disserter sur l'importance de ces appellations concomitantes de l'acte créateur lui-même.
Mais peut-être n'êtes vous pas un lecteur assidu de la Bible; soit Vous partagez néanmoins avec moi l'importance structurante du nom et de tout ce qu'il véhicule. TOTAL qui a été un temps Total Fina, puis TOTAL Fina ElF est redevenu TOTAL, c'est plus clair; de même, GDF SUEZ va essayer de se faire un nom dans le monde de l'énergie. Souhaitons lui bon vent et voyons de quel côté il va tourner.
Mais pour revenir à l'ANPE et l'UNEDIC et à l'organisme futur somme des deux, pour une fois je n'aurais eu aucune hésiation et l'aurais appelé:mettre-la-france-au-travail.com
Avec un nom pareil sous les yeux, les Directeurs, sous Directeurs, inspecteurs, Référents personnalisés et autres experts derrière leurs guichets uniques n'auraient pas manqué de nous apporter des résultats concrets et pas seulement des justifications.
Bonne soirée
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l'Etat
Fondation Concorde
Bonsoir Paul, pour remettre la France au travail, il faut oser enfin à utiliser trois mots Réforme, Entrepreneur et Richesse.
Il donc revenir aux bases saines et oser regarder à l'extérieur de l'hexagone.
Malgré, la crise financière, l'Allemagne va avoir un budget de l'Etat et de sa Sécurité Sociale à l'équilibre, une balance commerciale bénéficiaire de 200 milliards d'euros et un taux de chômage de 7,6 %.
Je te laisse le soin ou aux internautes de trouver les chiffres équivalents en France.
Par rapport en Allemagne, il manque en France 10 000 PME de 300 salaries, soit 3 millions d'emplois, sur des activités à l'export, avec des capitaux familiaux.
En France, les capitaux familiaux et les entrepreneurs ont fuit en Suisse, en Belgique ou aux Etats-Unis, où ils vont créer des richesses.
En période de crise, il faut revenir aux bases saines. Avant de distribuer des richesses il faut les créer, libérer des marges de manoeuvre.
Or, plus de la moitié de la richesse en France est géré par la sphère publique.
En 15 ans, 1 millions d'emplois publiques ont été créé dans les collectivités locales.
Le récent discours du président de la République à Toulon et les déclarations de Jean François Copé sur RMC sont clairs : nous allons enfin réformer.
La volonté de fusionner les conseils généraux et régionaux, en diminuant le nombre d'élus et de fonctionnaires est un signal fort.
En conclusion, il faut déposer deux autres non de domaines sur internet : réformer-la-france.gouv.fr et créer-des-pme.fr
Amitiés
Julien
Rédigé par : irondelle | 05 octobre 2008 à 23:33
Félicitations.
Pour alimenter rapidement vos propos, je soulignerai qu'un mot porte ce dont on le charge en signification. Un seul exemple : table... tables de la loi, tables de salon,...il en va de même pour les logotypes et autres initiales dont raffolent les "créatifs" français". En fait, comme le soulignait le Baron Bich, seul le marketing identifie le produit au nom et le vulgarise...Bic comme Frigidaire (hello Ségolène !)sont devenus noms communs. C'est le phénomène d'appropriation d'une marque pour devenir un nom commun par substitution.
Trouver une marque qui "fonctionne" (jargon signifiant)pour nommer la fusion Unedic-Anpe relève de l'exploit car il va falloir nommer à la fois trois concepts : travail, emploi et social. Essayons "Laborandi" ! sinon "Covée" ou "Couvin" (termes du moyen-âge)conviendraien parfaitement...non ?
En laissant là le côté plaisantin de mon commentaire, j'ajouterais que la RGPP peut être une chance pour notre pays. Seule la détermination sans faille du Président Sarkozy fera aboutir la réforme profonde, structurelle et fonctionnelle que De Gaulle, Giscard et Mitterrand ont manqué malgré leurs volontés affichées.
Pour avoir participé très activement au Mouvement des Réformateurs (JJSS)puis, plus tard, au rocardisme par l'Association Des Démocrates, j'ai le sentiment que la réforme est comme le monstre du Loch Ness : le deviner, l'approcher, l'apercevoir mais ne jamais l'attraper !
Le temps me manque aujourd'hui mais je donnerai, pour conclure, quelques mots qui illustrent ma pensée : monarchie républicaine - fédéralisme - laïcité - liberté - solidarité - co-responsabilité - international.
Bernard O.
Rédigé par : Bernard Ollagnier | 06 octobre 2008 à 10:22