La crise financière que nous connaissons a montré les limites d`un capitalisme débridé, livré à ses mécanismes d`autorégulation. L`appel à l`Etat, son intervention au niveau de chaque pays comme au niveau international sont apparus comme nécessaires et incontournables y compris pour tous ceux qui naguère étaient les chantres d`un libéralisme pur et dur.
Voila donc l`Etat volant au secours non pas de tel ou tel organisme financier pour le tirer du mauvais pas où il s`est mis , mais plutot volant au secours du systeme financier global et de l`ensemble de l`économie qu`il soutient a juste titre. Ne l`oublions pas, l`Etat est responsable de la bonne marche globale d`un systeme economique et non pas du fonctionnement de tel ou tel de ses composants. C`est ce critère et celui la seul qui doit justifier et réguler les sommes abyssales qui vont etre déversées dans le systeme pour en assurer la pérennité.
Avec ce retour de l`Etat sur le devant de la scene, nous voila confrontés à un nouveau danger, c`est celui de la gestion étatique du monde financier .
Or, ce qu`il nous faut c`est mieux d`Etat et pas plus d`Etat.
En effet, Il nous parait indispensable de faire la distinction entre un état régulateur, garant de l`intéret general et un état actionnaire, directement gestionnaire. Dans le premier cas, l`Etat est compétent et legitime, dans le second il a rarement fait la preuve de son efficacité.
Or l`Etat a besoin impérativement de distinguer entre des stratèges à la vision large et des gestionnaires a la vision comptable. Aux problemes que nous connaissons, il va nous falloir éviter d`ajouter celui d'un choix maladroit des hommes.
Il va nous falloir trouver d`un côté des hommes d`envergure, politiques, pour mettre en place une nouvelle gouvernance economique et financiere mondiale
et de l`autre côté de vrais managers de l`argent public disposant des outils d'un management public enfin performant.
Et pour conclure, disons notre conviction que la crise actuelle n`a pas fait disparaitre notre besoin de réformer l`Etat: bien au contraire, elle l'a clarifié et elle l'a accéléré.
Alors que l`on soit du public ou du privé, retroussons les manches pour prendre les problèmes par le bon bout et transformer, si faire se peut, cette crise en une oppotunité de progrès!
Bien a vous
Paul Ohana
President de la Commission Reforme de l`Etat
Fondation Concorde
Il faut surtout rebâtir la démocratie en France, de manière à associer le peuple aux difficiles décisions à prendre, et dont la principale consiste à augmenter les impôts progressifs directs en contrepartie de la baisse de tous les autres.
Rédigé par : Michel Louis Lévy | 25 octobre 2008 à 23:30