D'aucuns se sont étonnés de voir le Président de la République nommer Patrick Devedjian au poste nouveau de "Ministre responsable de l'exécution du plan de relance". Il est vrai que ce ministère nouveau n'est pas classable suivant les canons administratifs habituels: quel est son budget ? quels sont ses effectifs? et puis bien sûr où sont situés ses bureaux? (signe ô combien distinctif de son importance, celle-ci étant directement proportionnelle à sa position vis à vis du Président et du Premier Ministre), quelle est sa place dans le Protocole, bref, quels sont les signes de l'importance apparente ou réelle de ce Ministère?.
S'engager dans ce débat, ( de combien de divisions dispose-t-il ?) c'est continuer à s'enfermer dans des schémas du passé de la gestion verticale en silos où chaque ministère se bat pour son pré carré, ses procédures, ses systèmes d'information, en un mot dans sa lenteur légendaire.
Or l'heure n'est plus aux tergiversations, nous sommes entrés dans une crise qui appelle des réponses rapides et innovantes dans leur conception et leur mise en œuvre. Les mesures annoncées par le Président de la République constituent une réponse d'ensemble à laquelle il fallait un chef de projet. Et c'est le rôle dévolu au nouveau Ministre.
Nous sommes rentrés dans un mode de management nouveau dans l'administration qui est la gestion par projet . Une gestion qui suppose organisation, coordination, suivi , aiguillon pour faire que ces projets là se fassent en temps et en heure. Et là bien sûr, il s'agit de "faire faire" par les ministères responsables et pas de "faire" à leur place. Il s'agit d'obtenir des résultats de gens et de structures sur lesquels on n'a pas de pouvoir hiérarchique . comment faire? par un délicat dosage d'alchimie d'organisation et de conviction. C'est ce que l'on nomme le management par influence.
Mais je vois pour ma part un rôle additionnel à ce Ministère, c'est son rôle d'EVALUATEUR de cette politique de relance. Il s'agit là bien sûr, d'une évaluation concomitante ou au fil de l'eau (in itineris disent les spécialistes), une évaluation qui aura pour objectifs de:
a). veiller à ce que cette politique d'ensemble soit bien sûr mise en œuvre, avec efficacité, efficience, cohérence
b). mais aussi veiller à ce que sa " valeur" prévue soit respectée, c'est à dire que les impacts attendus à savoir la sauvegarde de l'emploi, la croissance recherchée soient gardées en ligne de mire et ne sombrent pas dans les arcanes ministériels. Et bien sûr, cette nécessaire évaluation gouvernementale devra être totalement transparente, c'est à dire faire l'objet d'une communication appropriée auprès de toutes les parties prenantes, et en première ligne, auprès du Parlement.
Voilà, je pense , une feuille de route particulièrement délicate . Sa réussite passe bien sûr par les qualités du Ministre Coordinateur, mais aussi et en premier lieu par la volonté des lignes hiérarchiques traditionnelles de jouer le jeu.
Et puisque nous sommes dans une phase de raréfaction des crédits, donnons quant à nous l'exemple, faisons crédit à M. Devedjian et souhaitons lui pleine réussite. Le pays en a besoin.
Bonsoir
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l'Etat
Fondation Concorde
Ne peut-on voir dans la nomination de Patrick Devedjian le retour de la "planification à la française" ?
http://www.hemmelel.fr/blog/2008/12/05/le-retour-du-plan/
Rédigé par : Michel Louis Lévy | 08 décembre 2008 à 09:06
Certes le pays a besoin d'ésperances!
Mais même Mme Irma ne pourrait prédire le succès de la Politique de Mr Devedjian! car la France se situe dans un système dont dans sa globalité subit les conséquences de la crise financière ! nous n'avons que le moral qui peut et qui doit rester confiant !
car il y va de notre bonne coopération à croire en des jours meilleurs !
Nous n'avons pas le choix ,nous devons positiver ! et regarder loin en pensant la difficulté comme une étape universelle !
Rédigé par : OHANA ANNIE | 22 décembre 2008 à 03:08