Le prochain colloque du Forum International de l'Economie et de la Finance organisé par les Editions Eska a choisi pour thème provocateur : gérer l'imprévisible.
Ce thème m'a interpellé car j'y ai vu une forme de justification de la situation actuelle.
Alors je vous livre en vrac quelques considérations sur ce qui est prévu, ce qui ne l'est pas, ce qui est imprévisible et ce qui ne l'est pas.
Est imprévu , ce qui n'a pas été prévu, sous entendu qui aurait pu l'être et ne l'a pas été.
Une prévision c'est ce qui va se passer dans un avenir proche, sauf imprevu.
exemple: les prévision de l'INSEE en matière d'emploi, mais là pardon, il ne s'agit plus de prévisions mais de constat: ce sont les chiffres de l'INSEE
Est imprévisible ce que l'on ne peut pas raisonnablement prévoir, qui est de l'ordre de la force majeure qui est non seulement imprevisible mais egalement insurmontable, exemple les chutes de neige en montagne et les coupures de courant correspondantes et fréquentes.
Une crise est souvent prévisible, elle est souvent même annoncée par de multiples Cassandre mais comme leur nom l'indique ceux-ci ne sont pas crus et par consequent, elle passe à la catégorie imprevue.
La prospective, elle, se propose de bâtir un futur souhaitable, en d'autres termes elle essaie de transformer le prévisible en souhaitable.
Crise et opportunité: on rappelle souvent que les idéogrammes qui symbolisent ces deux concepts sont les mêmes en chinois. Une crise est souvent porteuse d'opportunité, à condition de savoir en tirer parti et ne pas s'enfoncer dans la crise.
En effet la stratégie classique est celle qui consiste à vouloir revenir à la situation antérieure, exemple sauver l'industrie automobile (sous entendu revenir au statu quo ante), comme à l'époque, sauver la sidérurgie, sauver les chantiers navals, ou encore sauver le système bancaire actuel, et bien sûr en maintenant les avantages acquis des parachutes dorés.
On voit bien que ce type d'approche ne fait que retarder l'échéance.
L'approche responsable est celle qui à la lumière d'un constat réaliste va dessiner le futur possible, prévisible et souhaitable en assumant le présent. Et pour cela, il faut bien sûr être d'accord sur le constat, être d'accord sur une vision prospective partagée, deux constats politiques que seule une grande adhésion populaire permettra de partager.
Il semble que les Etats Unis redevenus récemment nos amis aient adopté cette approche, alors pourquoi pas nous?
d'autant que nous sommes dans le même bateau!
Bien à vous
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l'Etat
Fondation concorde
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