J'a noté avec une grande satisfaction que M.Yazid Sabeg avait réussi à ouvrir la boite de Pandore de la mesure de la diversité puisque, semble-t-il, il la propose dans son rapport au Président de la République.
En même temps j'ai été particulièrement inquiet de voir que cette démarche importante risquait d'être confiée à l'Institut National d'Etudes Démographiques.
Je n'ai rien contre cette respectable institution si ce n'est que comme pour naguère l'INSEE, ses conclusions ne fassent elles aussi, l'objet de débats polémiques résultant de la confusion entre les domaines relevant du technique et ceux relevant du politique. En effet comme avec l'INSEE pour les définitions de l'emploi, du chômage ou du niveau de vie, celle de la diversité doit relever de la responsabilité des politiques et pas de celle des statisticiens.
En effet, que doit-on mesurer-t-on? on doit mesurer ce qui a de l'importance pour la collectivité
et pourquoi le mesure-t-on? pour avoir un état des lieux et pouvoir agir sur lui si le résultat de la mesure n'est pas satisfaisant.
Ainsi il est pertinent par exemple de mesurer le taux d'emploi des seniors (décision politique); quand ce taux mesuré par des techniciens n'est pas considéré comme satisfaisant (autre appréciation politique) le pouvoir prend des mesures en faveur des seniors (décision politique) et en suit l'évolution par ses statisticiens .
Qu'en est-il pour la diversité?
S'agit-il de la diversité hommes-femmes ? on en connait l'importance et jusqu'à présent cette différence était simple à mesurer.
S'agit-il de la différence handicapés-non handicapés? autre domaine important, et là la mesure toujours possible est déjà plus complexe, faut-il aborder le niveau d'handicap, la nature de l'handicap, ...?
Venons en aux volets sensibles de la diversité ethnique,
s'agit-il maintenant d'aborder ce que l'on appelle pudiquement les minorités visibles? visibles par quoi? par la couleur de leur peau? alors faut-il distinguer entre les Aficains, entre ceux du Nord et ceux du sud? entre les Africains et les Asiatiques?
S'agit-il d'aborder la diversité ethnique à travers la diversité des patronymes? ceux à consonance du terroir et ceux à consonance étrangère?
S'agit-il pour ces groupes de la diversité des dates d'arrivée sur le territoire français, ceux de la première vague, ceux de la seconde et ceux qui sont nés en France métropolitaine?
Comme on le voit le champ des mesures possibles est immense si on veut toutes les aborder d'où le danger de la technocratisation de cette démarche qu'il faut absolument éviter car comme disait l'autre ce qui est complexe est inutile même si ce qui est simple est souvent faux.
Il est donc indispensable en matière de diversité que les politiques prennent la responsabilité de définir clairement l'état des lieux qu'ils ont besoin de connaître et se fixer quelques objectifs concrets qui devront être mesurés par des indicateurs pertinents et compréhensibles par tous.
Remercions M. Sabeg d'avoir ouvert la boîte de Pandore de la mesure de la diversité et demandons lui de nous doter d'un outil simple et qui permettra de faire à tous les français la démonstration qure tout est fait pour leur donner une égalité de chances dans la vie.
C'est je crois, là, notre souhait le plus profond et tout ce qui permettra de le mesurer sera le bienvenu.
Paul Ohana
Responsable Commission Réforme de l'Etat
Fondation Concorde
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