Avant la crise, la formation avait pour but ,
dans le pire des cas, de remplir une obligation légale,
dans le meilleur des cas d'être un investissement pour développer la capacité compétitive de l'entreprise.
Investir sur les hommes pour faire réussir l'entreprise, tel était le marché vertueux que nous avions depuis des années et que des moyens énormes ont financé allègrement.
Et puis avec la crise et le chômage massif, la formation est devenue la panacée universelle, la réponse à chaque cas individuel.
Mais l'interrogation de base demeure: on forme qui à quoi et comment?
Des budgets considérables vont être mis en oeuvre pour former à tour de bras tout un chacun à des métiers ou à des fonctions remis en question , tout cela suivant des méthodes qui ont certes fait leurs preuves dans le passé mais que les nouvelles technologies de l'information remettent en question.
Or je n'ai pas vu de réponse satisfaisante à ces trois questions. certes il y a urgence humaine à donner des réponses à tous ceux que la crise touche. Mais cela ne doit pas justifier que des budgets abyssaux soient engagés dans des programmes sans une solide évaluation en amont; sans une évaluation qui permettre de vérifier quels sont les véritables besoins, quelles sont les attentes et dans la mesure où la formation est un élément de la réponse, quelle est la meilleure façon de la mettre en oeuvre.
La crise a au moins ce mérite de nous obliger à nous remettre en question, ne perdons pas l'occasion de le faire, en ayant comme règle de conduite, non pas le maintien de ces pesants avantages acquis par les uns et les autres, mais la création d'avantages productifs nouveaux pour le pays et pour ceux qui en ont le plus besoin.
Bien à vous
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l'Etat
Fondation Concorde
Tout à fait d'accord avec cette analyse.
Formateur de longue date, il me semble de plus en plus nécessaire d'apporter aux "apprenants" des démarches d'apprentissage plutôt que des contenus. Ces derniers sont en effet aujourd'hui facilement accessibles à partir du moment ou on sait chercher, structurer et contextualiser l'information.
En revanche tout ce qui relève de la communication interpersonnelle, du comportement, du travail coopératif demandera toujours la médiation d'un tiers et sa présence sur le terrain.
La formation joue un rôle clé dans le développement des capacités d'adaptation. Mieux vaudrait qu'elle joue ce rôle par anticipation plutôt que de manière curative. Ce n'est malheureusement pas souvent le cas en France.
Rédigé par : Bernard SOEURE | 11 mai 2009 à 15:55