Après l’Université de Shanghaî, voilà que la Banque Mondiale vient à son tour de publier son classement mondial des universités . Et comme on pouvait s’y attendre le classement français n’est pas brillant. sans compter que ce classement n’a probablement pas eu le temps de prendre en compte l’impact négatif sur l’ image internationale des universités suite aux grèves du dernier semestre.
Ce classement est à rapprocher des récents taux anormalement élevés de réussite au baccalauréat . En effet au lieu d’être l’illustration d’une promotion de qualité ils vont souligner encore plus brutalement l’importance attendue des échecs au niveau du supérieur.
Car, ici comme ailleurs, la loi informatique bien connue GIGO “garbage in, garbage out” s’applique dans toute sa logique: “promotions de mauvaise qualité à l’entrée, promotions de mauvaise qualité à la sortie”. Et a contrario, les prépas bien connues qui ont des critères de sélection particulièrement rigoureux sont assurées de faire intégrer à leurs élèves les meilleures grandes écoles.
On est là, je pense, dans un domaine où le législateur ne peut ni ne doit intervenir sauf à créer un droit inaliénable au baccalauréat qui sera bientôt suivi par un droit inaliénable à la maîtrise et pourquoi pas aussi un droit inaliénable au Doctorat. Halte au politiquement correct!!! Le nivellement par le haut sous entendu par des taux de réussite au baccalauréat dopés est un leurre. L’enseignement supérieur, grandes écoles, universités, a pour mission de former l’encadrement de notre pays et de transmettre le savoir qui fera progresser la nation. Que l’ascenseur social soit en panne et que l’université soit le domaine réservé d’une minorité sociale n’est plus acceptable. Mais il ne faut pas que le remède soit pire que le mal. Il faut conserver à l’Enseignement Supérieur son rôle de formateur des enseignants, des chercheurs, des savants . Il nous faut démocratiser l’accès à l’Université non pas en donnant l’accès au plus grand nombre mais en faisant en sorte que le mérite soit le seul critère de choix , il nous faut démocratiser l’université non pas en abaissant son niveau mais en permettant aux plus méritants d’accéder à ce niveau, voilà des pistes qui devraient nous permettre de concilier nos valeurs fondamentales et retrouver dans la Communauté des nations un rang digne de notre pays .
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l’Etat
Fondation Concorde
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