Une intéressante matinée avec Christophe Barbier directeur de la rédaction de l’Express.
Christophe Barbier balaie tout de suite cette idée préconçue que les médias seraient un pouvoir en tant que tel, le quatrième , après le législatif, l’exécutif e le judiciaire.
Il se positionne par contre, comme un contre-pouvoir en mesure de jouer plusieurs rôles très précis dans notre vie publique:
1. Le rôle d’alerte
agissant comme un système de veille en amont, ils ont pour mission de débusquer les fausses bonnes idées, les mauvaises réformes en préparation , d’en informer l’opinion publique intéressée pour qu’elle puisse réagir et faire éventuellement barrage à cette initiative. Ceci implique bien sûr que les médias prennent une position forte .
2. Le rôle d’organisateur du débat.
Sur des sujets comme la santé, la fusion ANPE-UNEDIC, la gestion de la dette, les medias sont intervenus sur Internet, en offrant sur leurs supports traditionnels des pages de tribunes, des pages d’opinion. dans ce domaine, Christophe Barbier trouve que les medias jouent bien leur rôle.
3. Le scandale par les medias.
Les medias sont parfaitement dans leur rôle quand ils soulèvent tel excès, tel abus ou qu’ils donnent un retentissement particulier à tel rapport spécial de la Cour des Comptes.
Mais là Christophe Barbier reconnaît une faiblesse à ce rôle:
celui du zapping médiatique dû à l’actualité qui entraîne en particulier une absence de suivi des chantiers ouverts
4. le rôle inattendu de passerelle entre la vie publique et le monde du privé
Ce rôle conduisant à faire évoluer la culture de la sphère publique vers les critères de réussite, de culture de résultats, de mesure des coûts, de mesure ex ante des impacts (un rôle auquel vous le savez bien je suis très sensible)
5. et enfin dernier rôle: celui de porteur de rêve, d’utopie et de recherche de l’idéal.
J’ai pour ma part souligné deux rôles qui me paraissaient importants à remplir et dans lesquels les médias étaient défaillants
celui de pédagogue pour expliquer, clarifier des concepts majeurs de notre vie publique qui font l’objet de débats intenses alors même que les concepts n’ont pas été clarifiés
et celui de soutien à des décisions apparemment anodines telles que la récente constitution au sein de l’Assemblée Nationale d’un Comité d’Evaluation et de Contrôle qui n’a fait l’objet d’aucune médiatisation alors qu’il devrait changer le fonctionnement de nos institutions!
N’hésitez pas à réagir à ces propos, c’est le principe même du débat démocratique.
Bien à vous
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l’Etat
Fondation Concorde
Commentaires