Je viens de lire encore un de ces classements qui me mettent le moral à plat. Le dernier en date nous apprend qe nos étudiants ne parlent pas anglais, désespérément pas; ils ont même l'un des scores les plus bas dans les tests d'admission aux grandes universités américaines prestigieuses alors que notre avant dernier ministre de l'éducation en date avait fixé un objectif ambitieux: le bilinguisme pour tous ou presque.
Alors à qui imputer cet échec? vous serez peut-être surpris mais là n'est pas ma préoccupation.
Ma question est autre et la voilà : à défaut de maîtriser l'anglais comme on le souhaiterait, a minima nos étudiants maîtrisent-ils le français comme ils le devraient?
et si je pose la question, ce n'est pas par un chauvinisme étroit que la globalisation, la mondialisation, etc.. rendent chaque jour de plus en plus désuet; non, je pars d'une conviction, que de savantes études d'évaluation pourront sans aucun doute valider, et cette conviction est que la maîtrise d'une seconde langue passe par la maîtrise de sa première langue.
Il me parait en effet incongru de chercher à maîtriser une autre langue, l'anglais en l'occurrence, si on ne maîtrise pas son français. Et en disant cela, je ne pense pas seulement à dispenser des cours fondamentaux de grammaire et philologie, je pense avant tout au rôle fondamental de la langue comme véhicule de notre patrimoine atistique et culturel.
Alors qu'en toute bonne foi, nous peinons à faire sa place à la diversité, pourquoi ne pas développer plus encore ce ciment d'unité nationale qu' est la langue française? Quand nos étudiants penseront clairement, ils auront j'en suis convaincu , la capacité de s'exprimer clairement . Il ne suffira pas d'un "Yaka, fauqu'on" ou d' un impossible coup de baguette magique; il faudra d'abord apprendre à s'exprimer et à communiquer proprement entre nous en français; il faudra ensuite inculquer à nos jeunes la volonté de communiquer avec l'autre , de s'intéresser à lui, de le respecter au point de vouloir étudier chez lui.
Nous serons tous plus facilement bilingues quand nous nous nous sentirons plus français d'abord et pourquoi pas, osons le dire, plus proches de nos amis américains.
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l'Etat
Fondation Concorde
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