J'ai assisté le 12 Novembre à Sciences Po à un excellent séminaire organisé par Nathalie Kosciusko Morizet et animé de main de maître par Stéphane Benhamou.
Autour de la table ronde, la fine fleur du monde de l'informatique, Google, Microsoft, les annonceurs dont les représentants des pages jaunes. les juristes, les représentants de l'état , de la CNIL et du monde politique Tout ce beau monde est parti du constat, exact, que nous étions de moins en moins maîtres de l'information que nous laissions sur le web, même si il faut bien le reconnaître nous étions en grande partie personnellement responsables de sa production.
Ceci étant acté et considéré comme inacceptable, tout un chacun a exposé sa vision d'un droit français à l'oubli informatique, c'est à dire si j'ai bien compris le droit de faire disparaître du Web les données qu'on y avait mises soi-même. (et cela même au moment où des entreprises comme Orange proposent des produits innovants pour stocker ces données et ne pas en perdre la trace).
Parmi les pistes de travail sur l'oubli, j'ai relevé :
faut-il distinguer entre informations personnelles privées, le code IP par exemple et des informations plus publiques? faut-il "remettre les compteurs à zéro" à intervalles réguliers? peut-on intégrer le caractère privé des informations dans le design des nouveaux outils (privacy by design)
peut-on instaurer de bonnes pratiques comme le suggérait pour les annonceurs Arnaud Caplier, comportant clarté de l'information, droit d'opposition, anonymat, limitation et labellisation
et puis quand on veut se plaindre,pourquoi les tribunaux compétents sont'ils presque toujours ceux de Google ou Microsoft en général alors que chacun souhaiterait avoir comme tribunal compétént celui de son pays, voire de sa province, ou encore celui de sa région ....
Bref mille et une questions et suggestions les une faisant sens les autres le faisant moins mais toutes apportant la preuve du niveau de maîtrise de ces sujets par les débatteurs et par la salle.
Sans remettre en cause l'intérêt du sujet pour les participants ni la compétence des intervenants, je suis sorti de ce brillant débat avec des sentiments partagés.
En effet, alors que d'aucuns parlent de fracture numérique et font des efforts méritoires comme récemment au Nicaragua pour doter chaque enfant d'un ordinateur, pendant ce temps nous glosons sur les limites qu'il faudrait apporter aux outils informatiques sans se préoccuper des oubliés de l'informatique.
Et puis je n'aime pas cette appellation culpabilisante de droit à l'oubli informatiqe, comme si les informations que nous avons laissées nous étaient préjudiciables et qu'il devrait y avoir une prescription pour les informations comme pour les délits.
Et si au lieu d'un devoir d'oubli nous avions a contrario un devoir de mémoire, pour conserver tout ce qui doit l'être parce que cela bouillonne d'innovation, cela fait progresser la recherche, cela fait progresser notre mode de vie, libre à nous d'en choisir un autre si nous le souhaitons, et que cela nous ouvre un champ inexploré de connaissance, de sécurité et pas seulement d'inquiétude sans parler de cette richesse incommensurable de contacts sur le monde, ....
Bien sûr qu'il nous faut ici comme tout autre domaine fixer des limites, nous protéger des excès,
mais attention sous couvert d'un pricipe de précaution inapplicable en la circonstance à légiférer hâtivement là où il n'y a pas d'urgence et à ne pas créer une nouvelle exception culturelle à la française là où la mondialisation a fait la preuve de ses mérites.
Paul Ohana
Président de la Commission réforme de l'Etat
fondation Concorde
Que nous le voulions ou non ( à moins de ne jamais se connecter et encore...) nos informations sont désormais "gravées dans le web". Cela soulève mille et une questions : véracité de ces informations, possibilité de les effacer, gérer son "personal branding"...
Tout va plus vite que toute tentative de réglementation.
En tout cas, il est urgent d'éduquer, d'informer sur les opportunités et dangers de ces nouveaux outils de communication qui marquent une véritable révolution.
Philippe Thoniel
Digital WSI Agency
Rédigé par: Philippe Thoniel, Digital WSI Agency | 15 novembre 2009 à 13:33