Olivier Babeau professeur agrégé d'économie à Paris Dauphine aborde dans les Echos d'aujourd'hui,
http://www.lesechos.fr/info/analyses/020233352552-les-dangereuses-ambitions-de-m-proglio.htm
la nomination du nouveau Président Directeur Général d'EDF et de ses ambitions pour l'entreprise. Il y traite à cette occasion de la question du prix ce cession de l'électricité nucléaire aux nouveaux entrants sur le marchéet et un point sur lequel j'aimerais revenir: la définition du périmètre d'EDF .
in what business are we in? quelle est la véritable raison d'être d'EDF? quelle est sa mission?
cette question a été posée il y a plusieurs années de cela dans un article de Th. Lewitt de la Harvard Business School .
Or, cette question, EDF n'a jamais pu ou n'avait jamais su la traiter comme il fallait et aujourd'hui elle se pose bien sûr avec acuité au nouveau Président.
Une approche logique justifiée par l'histoire des entreprises EDF et GDF eut été en son temps la "fusion" EDF-GDF. En raison d'une opposition supposée de Bruxelles, cette option n'a pas été retenue . On a donc à grands frais démixter EDF et GDF, soit près de 50 ans de collaboration dans la distribution et la gestion des hommes. Et pour l'avenir on s'est orientés vers un rapprochement GDF-Suez, c'est à dire à nouveau du gaz avec l'électricité , l'eau restant à part, pendant qu'EDF cherchait et cherche encore un possible partenaire gazier et que son nouveau Président issu du domaine de l'eau souhaite rapprocher EDF de son anciene maison mère. Comprenne qui pourra, mais telle est la situation aujourd'hui.
Ceci étant, mettant en application les contraintes européennes, EDF a donc filialisé son transport RTE et sa distribution en ERDF, tout ce monde sous le contrôle de la CRE , (Commission de Régulation de l'électricité) chargée de veiller au respect des règles de la concurrence par les uns et par les autres ...
Or dans ce bel assemblage, il y a un facteur majeur nouveau qui semble être passé sous silence, c'est la suppression du fameux principe de spécialité qui imposait à EDF comme GDF de se spécialiser sur l'amont du compteur, l'aval leur étant interdit.
Ce principe supprimé laisse le champ libre à l'innovation dans le domaine de l'aval et donc des utilisations de l'électricité . Et ceci, à un moment où le Grenelle de l'environnement, la Conférence de Copenhague, le prix Nobel d'Al Gore Al Gore et Jean-Louis Borloo aidant, on découvre l'importance des énergies nouvelles, des économies d'énergie et des perspectives ouvertes par l'intelligence énergétique à savoir celle des compteurs intelligents et surtout celle des réseaux intelligents (smart grids) qui vont permettre des interconnexions insoupçonnées entre les différentes formes d'énergie et entre les différents types de consommateurs.
Alors In what business are we in ? c'est selon moi, dans ce monde qui offre des opportunités à saisir,dans les domaines des différentes sources d'énergie, nucléaire comme les autres, toutes développées et interconnectés par des réseaux intelligents, la vocation d'EDF est d'être un acteur de référence , un EDF moderne, innovant, choisi plutôt que subi, un EDF au service du client et de la nation plutôt qu'un EDF lego industriel national apparemment "bétonné" mais en fait fragile car fruit de considérations socio-politiques plutôt que d'un raisonnement innovant et entrepreunarial.
Paul Ohana
Président de la Commission réforme de l'Etat
Fondation Concorde
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