Je n'ai pas le privilège de connaître M.Proglio. La seule image que j'aie de lui est celle où il est un avec un casque de sécurité prémonitoire destiné à le protéger des mauvais coups.
Dur métier que celui de président d'une entreprise publique française.
Même pas les 100 jours de grâce que l'on donne aux chefs d'état nouvellement élus!
une météo épouvantable qui tire une consommation qui bat des pics alors que l'appareil de production qui fait notre fierté est en révision,
un appel d'offres à Abu Dhabi que d'aucuns croyaient bouclé et dont il faut partager l'échec,
une commission européenne lasse d'attendre une transposition de la directive sur l'ouverture du marché de l'électricité et qui s'impatiente,
des investissements nationaux sur l'appareil de production et sur le réseau de transport que l'on ne peut plus différer
des choix d'investissements internationaux remis sur la table
des options entre lesquelles il faut trancher ,
en un mot une découverte de la pression de l'urgence là où le temps long de la stratégie et de la mise en oeuvre avait été inutilement la règle
Voilà quelques uns des défis qui attendaient M.Proglio et pour lesquels il avait été choisi.
Mais il y a un défi qu'il avait sans aucun doute sous estimé c'est celui de l'image ingérable en France des rapports avec l'argent. M.Proglio pressenti pour prendre ces responsabilités nouvelles avait exprimé le souhait que cette nomination n'entraine pas de réduction de son salaire antérieur, ce qui lui a été promis. Qui contesterait cette approche?
Alors pourquoi cette bronca ? je la crois pour ma part due à la publicité donnée à la mise en oeuvre laborieuse de cette décision, et qui aura été l'occasion de mélanger en vrac tous les arguments, des plus légitimes aux plus fallacieux, sur les salaires des dirigeants.
Alors chapeau ! M.Proglio d'être sorti de ce guêpier imprévu,
en renonçant au différentiel de salaire qui lui était dû, il a rappelé tres à propos à à tous nos dirigeants que l'exemplarité d'un patron est encore le meilleur mode de management.
Le reste n'est que littérature.
Bonsoir
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l'Etat
Fondation Concirde
tous des dirigeants négocient leur salaire en même temps que leur changement de poste. mais là si j'ai bien compris ce n'est pas EDF, le nouvel "employeur principal" qui donnait le différentiel...
Franchement, quand 1 millions de français ne dorment plus parce qu'il va leur manquer quelques centaines d'euros pour boucler leur fin de mois parce qu'ils arrivent en fin de droit... est ce que 1,6 millions d'euros est un salaire suffisant pour vivre et être fier de ce que l'on gagne ?
Si vous réfléchissez sur la réforme de l'état, avez vous prévu quelque chose pour le salaire "maximal admissible" des dirigeants à la tête des entreprises dans les quelles l'état à une participation importante ?
Rédigé par : pablo | 22 janvier 2010 à 12:13
et... le cumul de deux fonctions dans lequel les conflits d'intérêt sont légion, sans parler du fait qu'il s'agît, dans les deux cas de postes souvent considérés comme des plein temps ?
et... la retraite chapeau qui, d'après des proches, était sa véritable motivation à conserver une lien proche avec sa chère maison ? il est vrai que, là, on parle de 13 millions !
Zidane ou Henry gagnent plus mais :
1. ils ne jouent pas dans deux clubs concurrents
2. ils ne touchent pas de retraite et leur métier s'arrête à 35 ans.
Non, pas de quoi l'applaudir, vraiment.
Mais, au fait, pourquoi cette formidable solidarité gouvernementale (et élyséenne) pour HP ? Surtout maintenant qu'il a pris ses distances avec son ex (RD)...
Rédigé par : 1084 | 22 janvier 2010 à 15:28
Je suis d’accord avec votre note, à un point près: les mots “sur le réseau de transport” n’ont pas à figurer dans la phrase “des investissements nationaux sur l'appareil de production et sur le réseau de transport que l'on ne peut plus différer”.
En effet, avec l’ouverture du marché de l’électricité, le président d’EDF n’a pas compétence sur les investissements du réseau de transport, dont le pouvoir de les approuver appartient à la Commission de régulation de l’énergie.
http://www.cre.fr/fr/presentation/missions#a3
Il n’a pas plus compétence en matière d’entretien, d’exploitation et de développement du réseau de transport.
http://www.rte-france.com/fr/nous-connaitre/qui-sommes-nous/organisation-et-gouvernance/les-statuts
Ainsi, lesdits investissements sont en forte augmentation et M. Proglio n’y est pour rien.
http://www.cre.fr/fr/content/download/9268/160495/file/091217InvestissementsRTE2010.pdf
http://www.rte-france.com/fr/nous-connaitre/espace-presse/communiques-de-presse/le-bilan-electrique-francais-2009-3
S’il arrive que de tels investissements soient différés, ce n’est pour des questions financières mais en raison d’oppositions.
http://www.google.fr/search?q=anti%20tht
Rédigé par : Alan | 22 janvier 2010 à 21:39
Je ne suis pas d'accord avec ton coup de chapeau. M. Proglio avec ses exigences de départ a porté gravement atteinte à l'image des entre preneurs en France(la moyenne des dirigeants de PME gagne 50 000€ par an) en demandant une rémuneration du double de son prédecesseur, le maintien d'un lien organique avec Véolia, pour non seulement cumuler une rémunération complémentaire pour retrouver son ancien salaire de Véolia, mais aussi sa retaite chapeau qu'il aurait perdue s'il avait démissionné de Veolia ce qui prouve qu'il n'aime pas le risque. Quant à expliquer qu'on peut piloter deux entreprises, toute personne qui connaît EDF sait bien que la journée entière n'y suffit pas compte tenu de sa taille.
J'attends de voir ce qu'il va faire d'autant que son salaire représente trois cent fois le salaire de début à EDF et qu'un certain malaise se fait jour dans l'entreprise. Faut-il rappelr que JP Morgan disait que le salaire le plus élevé ne devait pas dépasser 20 fois le salaire moyen.
Jacques- André Troesch
Rédigé par : Jacques- André Troesch | 25 janvier 2010 à 17:34
Bonjour,
Je ne suis absolument pas d'accord avec ce "coup de chapeau!
1- Il est malsain qu'un dirigeant d'entreprise publique le soit aussi d'une entreprise privée, quid des conflits d'intérêts?
De manière plus générale, la France crève du cumul des mandats qui empêche le renouvellement des "élites" à tous les niveaux et dans tous les domaines.
2- le "sacrifice" financier auquel ce Mr. a été contraint est très relatif. il abandonne certes son second salaire, mais conserve son poste à Véolia, pas par grandeur d'âme ou sens du bien commun, mais parce que cela lui permet de de bénéficier d'une retraite dorée,ô combien, qu'il perdrait s'il quittait ces fonctions.
Alors, de grâce, réservons les coups de chapeau à des causes ou des personnes plus dignes de tels hommages. Tu en trouveras plusieurs sans beaucoup chercher.
Jean.
Rédigé par : Jean Benabou | 25 janvier 2010 à 17:37