Il ne faut pas tirer dit-on sur une ambulance .
Mais Pôle Emploi mérite-t-il les mêmes égards?
Voilà que l'organisme vedette de notre dispositif social, l' organisme à qui a été confiée la responsabilité de résoudre les problèmes de la mise au travail de notre univers de chômeurs, le voilà à son tour au coeur d'une crise inattendue : la flambée des arrêts maladie.
En effet selon les données de l'Actu du 9 mai, , selon le projet de bilan social de l'établissement les journées d'absence pour maladie de moins de 5 jours ont bondi de plus de 40 % d'une année sur l'autre, , les arrêts de plus de huit mois de plus de 32 %, les arrêts toutes durées confondues de plus 20,8 %.
Voilà des indicateurs qui interpellent et qui méritent une analyse approfondie.
Le problème est-il dans une surcharge de travail?
dans une situation de stress dûe à la difficulté de donner satisfaction au public des chômeurs par l'absence d'offres pertinentes ?
ou encore dans un mode de management hybride, orienté "service" pour certains, "application des règles administratives" avec un manque total d'empathie pour d'autres?
Le fait est que, en plus des difficultés normales inhérentes à sa mission, le Pôle Emploi se trouve maintenant confronté à une réduction chronique et inattendue d'effectifs!
L'absence de pilote que nous soulevions dans notre précédente note s'accompagne maintenant d'une absence de passagers...
Mais le sujet est trop grave pour être traité à la légère.
La France mérite un Pôle Emploi opérationnel, efficace, avec des agents motivés et donc présents, un mode de management adapté à sa mission délicate, dans lequel le volet humain est clé, un management dépositaire de l'avenir de ces millions de demandeurs d'emploi, ces clients obligés d'un organisme subi.
Paul Ohana