Timeo Danaos et Dona ferentes (Enée, Virgile)
On se souvient de ce mot de Laocoon quand, se méfiant du Cheval de Troie, il avait souhaité le refuser. Mal lui en a pris, car non seulement il n'a pas réussi à convaincre ses concitoyens mais encore il en a perdu la vie!
L'histoire étant un éternel recommencement voilà que l'Europe se trouve prise au piège de la démocratie athénienne. Qui pourrait reprocher en effet à la patrie de Socrate et Démosthènes, celle-là même qui nous a enseigné les fondements de le démocratie, de vouloir soummettre à référendum c'est à dire à l'expression de la volonté populaire les choix qui vont conditionner pour de nombreuses années son mode de vie?
Quelle belle leçon de démocratie! quel beau retour aux fondamentaux de notre vie publique: l'exercice du pouvoir politique par son détenteur légitime à savoir vous et moi, le peuple quoi!
Hélas, il n'en est rien, la place faite à la démocratie dans cette gesticulation n'est qu'apparente. En effet et hélas pour les Athéniens, le choix qui leur sera proposé sera du type choix entre la peste et le choléra: approuvez-vous le plan négocié avec l'Europe oui ou non?
si la réponse est oui, la Grèce s'engagera donc dans un plan d'austérité drastique mais les péripéties entourant la validation de ce plan déjà accepté auront créé dans l'intervalle des perturbations économiques et financières aux conséquences impévisibles pour l'Europe et la Grèce, bien sûr
si la réponse est non, la Grèce devra en tirer les conséquences, départ probable de la zone Euro, risque de faillite étatique et répercussions en cascade sur tous les pays fragilisés de l'Europe, soit une situation pire que la situation engendrée par le oui.
Alors pourquoi les Grecs se sont-ils engagés dans cette situation : lose-lose (on perd tous) alors que le schéma proposé était du type: on s'en sort ensemble?.
Les explications données à ce coup d'éclat spectaculaire ne convainquent pas:
impliquer le peuple grec ? mais c'est un peu tard pour lui demander d'entériner une situation qu'il n'a pas voulue et qui n'est pas du fait de l'Europe
améliorer les conditions obtenues lors de l'accord passé avec l'Europe? des modifications à la marge sont toujours possibles mais quel prix politique à payer! et quel exemple donné !
De là à ce que nos amis italiens qui ne sont pas en reste de problèmes financiers nous disent à leur tour:
Video meliora ( je vois ce qu'il faut faire pour nous en sortir)
Proboque (et je l'approuve devant toutes les instances)
deteriora sequor ( je continuerai à suivre mes mauvais penchants)!
Alors, si vous êtes croyant, prions pour que la Chine nous sorte de ce casse-tête....
Bien à vous
Paul Ohana
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