Un vrai débat, de tres bon niveau ce soir à l'Université du Medef.
Malgré un titre curieux " que j'aime ta couleur B20" qui a laissé plus d'un perplexe, les participants ont enfin compris pourquoi ils étaient là Ils ont été d'abord les témoins d'une escarmouche de bonne guerre entre François Baroin et Laurent Fabius sur la règle d'or . Et puis mieux encore ils ont assisté lors d'une intervention de haut niveau de Pascal Lamy à un règlement de comptes avec Hubert Vedrine.
Le débat portait sur la crise actuelle, ses origines, son évolution, ses risques de dérapage en une dépression mondiale, sur les "solutions " possibles, sur le rôle de la Communauté des Chefs d'entreprises (grandes bien sûr mais sans oublier les PME, Merci pour elles) Communauté baptisée de l'acronyme de B20, B pour Business? et 20 à cause du G20, et enfin sur le rôle du G20, ses résultats, sa gouvernance et les moyens de mieux faire. Vaste programme! et pourtant grâce à une animation pertinente et rigoureuse de François Lenglet les douze intervenants ont pu s'exprimer complètement, pusieurs à différentes reprises, la salle a pu poser ses questions et obtenir des réponses .
Mais le meilleur a été le dernier quart d'heure, celui où tout un chacun est sorti du discours convenu, même s'il était sincère et de qualité, pour répondre à la question: et maintenant que fait-on? faut-il continuer à croire au G20 (et à son avatar le B20)? Deux écoles se sont opposées, celle de la réussite par les projets et celle de la réussite par la gouvernance. Et c'est à cette occasion que Pascal Lamy a déploré la prise de position française de l'époque qui s'était opposée avec l'Angleterre à un système de gouvernance européen, léger, opérationnel pour lui préférer le système actuel, complexe, hybride et mal aimé à juste titre.
La conclusion a été tirée par Fraçois Baroin ; il a rappelé les résultats concrets obtenus par le G20, en particulier sous la présidence française, des résultats qui n'ont pas eu besoin de s'appuyer sur le support institutionnel du FMI ou de la Banque Mondiale pour voir le jour. Dans sa structure actuelle, certes perfectible, des résultats sont possibles, mais comme souvent les vrais problèmes ne sont pas seulement externes mais bien souvent internes. C'est à chaque pays de faire le ménage devant sa porte, la gouvernance suivra.